1 Mai 2016
La plasticité du cerveau n'a pas encore dévoilé tout son potentiel! Les recherches de la neuroscientifique de renom Tania Singer démontrent que l'homme est capable d’accroître sa matière grise et de stimuler les zones cérébrales déterminant la compassion, l'empathie et le bien-être. Les résultats de cette étude scientifique seront présentés et publiés officiellement en septembre 2016.
Nous avons suivi de près 300 personnes pendant un an. Ces expériences de méditation sur la compassion et l’empathie portaient sur trois modules différents : le présent, l’affectif et le perspectif. Les neurosciences ne savaient rien sur l’impact possible d’un entrainement mental sur le sentiment de compassion.
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Il est donc possible de s’entraîner à la compassion, comme on s’entraîne à la course à pieds ?
Selon le bénéfice mental recherché, il faut choisir l’exercice approprié, à l’image de l’équitation et de la natation qui n’ont pas les mêmes effets bénéfiques sur nos muscles. Comme ceux-ci, il est possible de sculpter son cerveau et développer la compassion et l’empathie à travers la méditation. Le module ‘affectif’ permet d’ouvrir son cœur et d’entraîner la compassion et la bienveillance pour autrui, alors que le module ‘présent’ va permettre à quelqu’un de rediriger son attention à l’instant présent. La capacité objective d’attention est ainsi clairement renforcée.
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Et le résultat est physiquement visible en scannant le cerveau ?
Cet entraînement va permettre à la personne de développer certains compartiments très spécifiques de son cerveau. Le changement cérébral est visible, même s’il est essentiel de différencier le changement structurel et fonctionnel du cerveau. Sur le plan structurel, on va constater que la matière grise pousse dans les réseaux sollicités par la compassion. Lors d’autres expériences émotionnelles, on observera par contre une augmentation des connexions. Notre société a du mal à le comprendre et à l’imaginer alors que tout le monde est conscient qu’en s’entraînant à faire quelque chose, on s’améliore dans cette discipline. Il n’y a aucune raison que les capacités émotionnelles et comportementales ne soient pas – elles aussi – perfectibles. Comme pour le sport, ce type de méditation exige du temps, de la pratique régulière et de la maîtrise.
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Aux Etats-Unis, la méditation a permis d’obtenir des résultats inimaginables dans une école difficile où la compassion entre élèves a pris le pas sur la violence. Un modèle à développer ?
Notre projet ReSource a limité ses expériences sur les adultes de 22 à 55 ans. Mais il est évident que cela fonctionnera aussi – et même beaucoup mieux – sur des enfants. Ces derniers ont une capacité d’apprentissage et de développement très importante. La plasticité d’un cerveau d’enfant est incroyablement plus importante que celle d’un adulte. Nous étions d’ailleurs très heureux de constater qu’un cerveau adulte pouvait être facilement maniable. On démontre qu’un cerveau n’est pas condamné à se dégénérer chez l’adulte. Notre prochaine étape est d’analyser l’impact sur l’intelligence sociale, l’attention et la gestion des émotions sur des enfants dans le but de pouvoir proposer des programmes adaptés aux écoles.
Publié le samedi 30 avril 2016 LaLibre.be
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Reunion d'information et pratique sur les effets de la méditation et les enfants, à la maison médicale, courville sur Eure, le 19 Mai à 18H30