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bulletien de laetitia
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Christophe André : « Notre société est allée trop loin dans l’individualisme »

Christophe André : « Notre société est allée trop loin dans l’individualisme »
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Spécialiste du traitement et de la prévention des troubles d’anxiété, le psychiatre Christophe André estime que les méthodes de développement personnel sont peut-être allées trop loin dans la promotion de l’individu. Dans son dernier livre (Ces liens qui nous font vivre : éloge de l’interdépendance, éditions Odile Jacob, 336 pages, 21,90 €), co-écrit avec la psychologue Rébecca Shankland, il rappelle ce qui est une évidence, mais que nos sociétés narcissiques ont oublié : l’individu a besoin des autres pour s’épanouir.

Quel diagnostic faites-vous de notre société ?

Avec Rébecca Shankland, nous avons voulu écrire ce livre parce que nous avons le sentiment que notre société est allée trop loin dans l’individualisme. À un moment, à partir des années 1950, le travail de la psychologie a été d’aider les individus à s’affirmer, à se libérer des servitudes. Il fallait que les femmes s’émancipent de la tutelle des maris, que les enfants soient plus écoutés par leurs parents, que les citoyens s’affranchissent du regard social. Pendant des décennies, on a plutôt fait des ouvrages de développement personnel pour aider les gens à s’affirmer en tant que personnes. (...)

 

Pourquoi a-t-on besoin des autres ?

Depuis toujours, l’humain évolue en bande, en tribu, parce qu’il n’est pas performant d’un point de vue physiologique : il n’a pas de carapace pour se protéger, pas de corne pour se défendre ! Seul, ses chances de survie sont faibles. Chaque être humain porte en lui la conviction, inconsciemment, qu’il a besoin des autres. Pour une étude américaine, on a demandé à des volontaires d’évaluer la hauteur d’une colline. Il suffisait qu’ils soient accompagnés de leur meilleur ami pour que la colline leur paraisse moins haute.

Comment cela s’explique-t-il ?

De manière inconsciente, la présence d’un ami est perçue comme une ressource, une aide face à l’adversité. Avec les autres, on se sent plus fort. Pour renforcer l’estime de soi, il faut insister sur ce lien social, il faut apprendre à ne pas vouloir tout faire tout seul.

La solitude est-elle toujours nocive ?

La solitude, c’est le repos de la relation. On en a besoin. L’exercice physique est bon pour la santé, mais on ne va pas passer sa journée à courir ou soulever des haltères. Pour les relations sociales, c’est la même chose. C’est une question de dosage individuel. Il y a des gros mangeurs et des petits mangeurs. Certaines personnes ont des besoins énormes de liens sociaux, d’autres sont contents d’être seuls 80 % de leur temps mais ravis des 20 % qu’ils passent avec d’autres. La solitude peut être un danger pour la santé physique et psychique quand elle est subie. Ce n’est pas tant la solitude que le sentiment de solitude qui est douloureux.

Quels sont les bienfaits de l’altruisme ?

On s’est aperçu que le fait d’aider les autres rendait les gens heureux. C’est un peu surprenant, parce qu’aider l’autre c’est coûteux, en temps et en énergie, sans qu’il y ait forcément une récompense en retour. Mais si on réfléchit, c’est logique, si on part du principe que l’espèce humaine est une espèce sociale qui survit grâce à l’entraide. On aide ceux qui sont en difficulté, au moment où ils sont en difficulté, parce que, intuitivement, on sait que cette aide nous sera rendue un jour, par d’autres.

 

Comment apprend-on à créer du lien ?

La première étape, c’est de prendre conscience de ce que nous devons aux autres. Dans les programmes de psychologie positive, on propose souvent des petits exercices de gratitude. On demande aux gens tous les soirs de repenser à trois moments agréables de la journée qu’ils doivent à autrui, mêmes des toutes petites choses. Telle personne nous a rendu service, a raconté une blague, a été chaleureuse. Il faut repenser à ces moments et s’en réjouir, pour apprendre peu à peu à muscler notre capacité à voir ce que les autres nous apportent. On verra qu’on reçoit beaucoup plus qu’on ne le croit des bonnes petites choses qui rendent la journée plus agréable.

lire l'article au complet 

Stage: sortir du sentiment de solitude: coup de pouce à l'estime de soi - samedi 04 et dimanche 05 avril à Chartres

Journées pleine conscience et éco-psychologie - samedi 06 juin et 07 juin à Chartres et dans le Perche

information sur www.veyron-psy28.com

 

 

 

 

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