18 Décembre 2012
A partir de 1970 le cardiologue américain Herbert Benson commence des études très scientifiques sur les effets de la relaxation par rapport au stress ; il poursuit avec la méditation, et cela donnera un congrès en 1995 “Science et tradition religieuse” qui aura beaucoup d’impact.
En 1980 arrive sur scène Richard Davidson, professeur de psychiatrie à l’Université du Wisconsin – il possède un labo de recherche ultramoderne en neuroscience. Dès 1992, il commence des recherches sur la méditation avec le Dalaï lama et une équipe de méditants tibétains dont Matthieu Ricard.
Il faut aussi parler de Fransesco Varela, neurobiologiste chilien au parcours compliqué, qui le conduit à Harvard puis au CNRS en France, et qui dès 1985 commence des études scientifiques pour établir un dialogue entre bouddhisme et sciences. Il fonde le “Mind and Life Institut” qui deviendra une sorte de plaque tournante de tout ce qui se fait d’intéressant sur la question, avec un congrès annuel, dont celui de 2003 au MIT (Massachussets Institute Technology) avec le Dalaï lama, qui sera très important. Varela meurt en 2001, mais il amène dans l’équipe des chercheurs, Antoine Lutz, un chercheur français du CNRS, dont les études vont devenir remarquées et remarquables.
Quant à Jon Kabat Zinn, professeur de biologie dans le Massachussets, il va dès 1970, développer sa méthode de la pleine conscience, dans un souci de validation empirique des résultats, surtout par rapport aux symptômes du stress, ce qui l’amène à créer des cliniques de réduction du stress dans tout le pays. Jon Kabat-Zinn est un ami de Richard Davidson et tous ces gens vont former un petit monde qui va révolutionner notre regard porté sur la méditation. (lire la suite de l'article sur http://blog.psychotherapie-integrative.com)
Découvrir un travail de synthèse de Trinh Dinh hy, sur Neuroscience et Bouddhisme dont voici un extrait p13 Quels sont les effets de la méditation sur les émotions ?
Tout d’abord, il est possible que la méditation rend le sujet plus sensible aux émotions d’autrui. C’est ce que suggère l’expérience de Paul Ekman (2001), grand spécialiste des émotions. A deux méditants expérimentés, il montre des images de visages exprimant des émotions comme la peur, la colère, le mépris... Chaque image n’apparaît que pendant un très court laps de temps, 1/5 ou 1/30 sec. Ces expressions, appelées micro-expressions, sont reconnues de façon tout à fait spontanée, involontaire. Les résultats sont remarquables, avec un taux de reconnaissance des émotions très élevé, battant tous les records. Bien que l’on ne puisse pas écarter l’hypothèsed’une accélération de la vitesse cognitive par l’expérience méditative, on peut penser que la méditation peut rendre plus sensible aux émotions d’autrui, et non pas indifférent comme on pourrait le croire. Une autre étude sur l’influence de la méditation sur les émotions a été menée par Antoine Lutz et Richard Davidson, en mesurant l’activité cérébrale par IRM-f sur 2 groupes de 16 méditants expérimentés et de 16 débutants. Pendant la méditation sur la compassion, ils sont soumis à des sons générateurs d’émotions, tels le cri de détresse d’une femme (émotionsCV- Neurosciences et bouddhisme 14 négatives), le rire d’un enfant (émotions positives) ou le brouhaha dans un restaurant (émotions neutres). Les résultats montrent que: 1) l’activité des zones cérébrales liées aux émotions est nettement plus élevée pendant la méditation que pendant le simple repos; 2) les sons générateurs d’émotions négatives entraînent une réaction plus importante que ceux générant des émotions positives ou neutres; 3) cette activité est plus importante chez les méditants expérimentés par rapport aux débutants; 4) les zones liées à la compassion sont: l’insula, responsable de l’expression corporelle des émotions, et la jonction temporo-pariétale, responsable de la différenciation entre les émotions d’autrui et ses propres émotions, ainsi que de la perception des émotions d’autrui. Ces deux zones sont liées au partage des émotions et à l’empathie, et leur coordination paraît très nette et solide chez les méditants expérimentés par rapport aux débutants.
On peut donc conclure que l’empathie et la compassion peuvent très bien être cultivées et développées comme toutes les autres qualités, notamment par la méditation sur la compassion. Concernant ses propres émotions, dans l’expérience de Brefczynski Lewis, il existe une corrélation nette entre l’expérience de méditation et l’activation de l’amygdale: plus le méditant est expérimenté, moins son amygdale est activée (Figure 6). Or, l’amygdale est le point de départ des émotions négatives (anxiété, stress…). La méditation permet donc de diminuer le déclenchement des émotions négatives. lire la suite
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