Partager l'article ! Mindfulness - pleine conscience et dépression: INTERVIEW A 3 VOIX Pr. Zindel SEGAL, M. Lucio BIZZINI et M. Pierre PHILIPPOT ...
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article en bref: être conscient de
l'émotion va changer non pas l'émotion mais l'expérience et son déroulement. notre subjectivité. Examiner les pensées révèle, que ces productions mentales ne sont pas des faits. Aussi nous pouvons vivre sans plus
tant être accrochés à suivre et se laisser entrainer par les pensées négatives. La nature des pensées n’est pas tangible. Ce sont les sensations ; la pratique de la Mindfulness entraine
cette sensibilité. Accepter cette réalité est une habileté qui favorise le choix de la santé. Sortir de la boucle rétro-active de la
dépression.
L SALA : Que signifie le mot Mindfulness ?
L BIZZINI : Pleine conscience : Jon Zabat-Zinn, qui a introduit le concept de Mindfulness, l’a défini comme : être attentif d’une manière particulière, délibérément, dans
le moment présent et sans jugement. Elle s’insère dans ce que l’on peut considérer comme la 3ème vague, après les thérapies comportementales et cognitives, la vague « émotionnelle », où l’on
commence à étudier les dysrégulations émotionnelles.
L SALA : Quelle est la place des émotions dans la « Pleine conscience » ?
P PHILIPPOT : Elle a la même place que les cognitions et les pensées. Il s’agit de porter l’attention sur l’émotion, de l’accueillir. Elle a un rôle important mais pas
plus que les autres composantes. L’émotion on la laisse vivre.
Pour nous, le thérapeute n’est pas interventionniste sur l’émotion. Prêter l’attention, se concentrer sur l’objet va nécessairement changer l’expérience et son
déroulement. Il s’agit d’être dans une autre vision des choses. Il faut rappeler au patient qu’il s’agit d’événements mentaux et pas de faits.
L SALA : Pouvez-vous m’expliquer brièvement la signification pour vous de « Pleine conscience » ?
Z SEGAL, P PHILIPPOT & L BIZZINI : Attention, intention, sans jugement.
L SALA : Comment, à partir du patient déprimé, est née et s’est développée la Mindfulness ?
ZS : Mes collègues John Teasdale et Mark Williams et moi, nous avons compris les effets de thérapie cognitive pour la dépression en tant que : l’augmentation de la
capacité des patients de se décentraliser de la pensée négative, les interventions fondamentales dans les TCC.
C'est quelque chose qui se développe à partir du monitoring des pensées en faisant des rapports de la pensée. Se décentraliser de la pensée négative permet aux patients de
les examiner et de développer un rapport différent à leurs pensées. En conséquence de cela, les pensées peuvent perdre un peu de leur puissance et le patient peut reconnaître qu'il peut vivre
plus sa vie, même si certaines de ses pensées sont présentes, parce qu’elles ne sont pas définies ou commandées fortement par eux. La connexion est que la pratique de la Mindfulness peut être vu
comme un entraînement direct à la décentralisation. Un autre avantage est que la Mindfulness peut être pratiquée avec n'importe quel type des pensées qui est dans la conscience, on ne doit pas
attendre la pensée négative pour la mettre en évidence.
L SALA : Pleine conscience, bouddhisme et religion. Quel lien ?
L BIZZINI : Pleine conscience, bouddhisme et religion. Quel lien ? Je ne suis pas la personne la plus apte à répondre, si tu lis Kabat-Zinn (« Où tu vas, tu es »), il dit
que la Pleine conscience est une ancienne pratique bouddhiste qui s'applique parfaitement à nos vies contemporaines. Pratique qui devient, de par sa possibilité d'application, séculaire. Elle a
peu à voir avec l'enseignement de la philosophie bouddhiste, mais elle à tout à voir avec l'éveil de notre conscience et le désir de vivre en harmonie avec soi-même et le monde qui nous entoure.
Mais la Pleine conscience a peu de choses en commun avec la religion, à part la volonté d'approfondir le mystère de la vie et notre interdépendance avec tout ce qui existe.
extrait du forum des Bipotes http://bipotes.leforum.eu/index.php