Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 00:47



en bref :  la pleine conscience ou Mindfulness est une attitude qui réduit la composante cognitive de l'anxiété et du stress : désapprendre c'est à dire observer, lever les automatismes des schémas de pensées en boucles et les réactions émotionnelles aux conséquences négatives. Le programme Mindfulness permet  alors de s'entrainer par des exercices sur les sensations anxieuses, de trouver des solutions pour faire face au lieu d'éviter, de se décentrer par rapport aux patterns ruminatifs, et reconnaitre les signes précoces de mal-être. Agir sur le comportement en prenant en compte , en acceptant, les symptômes, les sensations physiques et émotionnelles inconfortables.




Dans un artcile Guido Bondolfi , médecin aux hopitaux de Genève, aborde l'approche mindfulness ou pleine conscience en questionnant l'utilité de la pratique dans différentes situations cliniques et notamment avec les troubles anxieux.

 

L'auteur nous rappelle que plusieurs approches thérapeutiques intégrant la pratique de la méditation (Mindfulness Based Stress Reduction MBSR; Dialectical Behavior Therapy ; Mindfulness Based Cognitive Therapy MBCT) ont été évaluées sur l'impact positif de la pleine conscience dans – les douleurs chroniques, les troubles alimentaires ainsi que des problèmes psychosomatiques tels que le psoriasis et la fibromyalgie ( pour une revue exhaustive voir Baer, 2003)
                                                                                                              

 

volcan.jpg  Le psychiatre s'intéresse plus particulièrement aux réactions de stress, d'anxiété ou de rechutes dépressives.  L'article passe en revue quelques uns des mécanimes que l'on connait bien en thérapie cognitivo-comportementale, jouant un rôle dans l'efficacité des exercices mindfulness. Nous les décrivons succinctement ici:

 

L’exposition, ou l'observation soutenue des sensations anxieuses, permet de réduire les réactions émotionnelles, de mieux tolérer les états négatifs en y faisant face, plutôt que de les éviter ce qui déclenche des comportements mal adaptés ( Linehan, 1993)

 

 
La restructuration cognitive et la décentration
modifiant le contenu des « patterns » cognitifs, et l’attitude envers les pensées, apporte chez le sujet souffrant une meilleure gestion de sa douleur et une amélioration subjective de sa qualité de vie. Une attitude de décentration vis-à-vis des patterns ruminatifs, influant dans les rechutes dépressives, est entrainée par la pleine conscience (Teasdale et al., 1995).

 

La pratique de la pleine conscience pourrait faciliter alors l’autogestion
des difficultés
en améliorant la reconnaissance précoce
des premiers signes d’une problématique clinique.

 



Dans l'ensemble les programmes thérapeutiques ayant recours à la pratique de la pleine conscience pour soigner différents troubles émotionnels, mettent tous l’accent sur
 l’importance de l’acceptation des symptômes, des sensations physiques ou émotionnelles inconfortables (douleur, pensées négatives, etc.), sans les modifier, ni les éviter.

Le protocole mindfulness propose ainsi par étapes d'entrainer cette « acceptation » en y découvrant les bénéfices secondaires ou qualité de relation à soi-même .



En effet rappelons qu'une attitude caractéristique de la pleine conscience ou mindfulness est celle d'accepter ce qui se présente en terme de sensations corporelles ou d'émotions particulières, moment après moment; « porter son attention d'une manière particulière, délibérément, au moment présent sans jugement de valeur »(Kabat-Zin, 1994)

 



 

C'est l'attitude développée par la pleine conscience ( observer sans jugements ce qui se déroule dans le corps) qui réduirait la composante cognitive de l'anxiété - se faire du souci, ruminer, ne pas tolérer l'incertitude...

 

La pleine conscience invite la personne à se focaliser sur le moment présent et le corps, plutôt que de réagir aux inquiétudes pensées et ruminations (Roemer et Orsillo, 2002). voir le reportage Quebecois 
 

 

pour le Stress ou les ruminations anxieuses,  90 % des mêmes exercices d'entainement à la pleine conscience dans les programmes

et 100% d'une volonté commune de soulager nos états d'âmes*

 

  

 

 d'après l'article dans Santé mentale au Québec, 2004, XXIX, 1, 137-145 "Les approches utilisant des exercices de méditation de type « mindfulness » ont-elles un rôle à jouer ?"  

Références

 

LINEHAN, M., 1993, Cognitive-behavioral Treatment for Treating Borderline Personality Disorders, Guilford Press, New York.

TEASDALE, J. D., SEGAL, Z. V., WILLIAMS, M. G., 1995, How does cognitive therapy prevent depressive relapse and why should attentional control (mindfulness training) help ?, Behaviour Research and Therapy, 33, 25- 39.
CHRISTOPHE A*. les états d'âmes un apprentissage de la sérénité ed odile jacob 2009

 

 * Guindo Bondolfi,  médecin-adjoint agrégé, responsable de secteur, Hôpitaux universitaires de Genève,

Département de psychiatrie, Service de psychiatrie adulte, Genève.

 Nouveau ! les conférences de J.Kabatt Zinn, lors de son passage à Paris en juin 2009

Par laetitia - Publié dans : santé
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