Mardi 13 mai 2008 2 13 /05 /Mai /2008 00:50

Deux jours. Deux jours sur la planète. J’ai suivi l’appel du colibri et me suis retrouvée dans le beau domaine WWF au bois de Boulogne,  pour un séminaire-rencontre organisé par le mouvement pour la terre et l’humanisme (www.mouvement-th.org) Sous l’égide de Pierre Rabhi, nous étions une cinquantaine, curieux et pleins d’élan de se retrouver.

 

L’objectif en toile de fond ; contribuer à une présence humaine qui soit écologiquement viable, socialement équitable et spirituellement épanouissante. Rythme ternaire d’une mélodie post-moderne ; mélodrame, chansons d’amour, musique concrète.

 

Programme chargé et tenu avec mesure et simplicité. Temps de parole en alternance avec un espace informel de respiration, soleil, manger bio, boire un thé.

 

La présence de Pierre Rabhi, que je découvrais pour le première fois, a été très apaisante cette journée où, en support de l’argumentation désolante de l’état de la planète, les yeux pétillants, le discours francs et inspiré, la posture calme et rassurante, m’ont donnée à voir un homme dans la splendeur d’une réalisation engagée aux services des valeurs de solidarité, de bienveillance, et de partage.

 

Le concours d’une association Belge Pachamama (www.pachamama.canalblog.com) et son support pédagogique a permit de présenter un bilan des ressources et blessures de la terre mère. J’étais très émue de réaliser l’urgence de la situation. Urgence d’un bolide qui fonce dans un mur. Tristesse de l’absurde de non conscience. Et choc à cette prise de conscience.

 

Si la terre était un village de 100 habitants, 12 sont européens, et 5 nord américain. 33 africains et 60 asiatiques. 80 habitent dans un logement insuffisant, 50 souffrent de malnutrition, 7 ont accès à internet, 1 personne est diplômée, deux personnes possèdent 50% des richesses du village et 50 personnes vivent avec 1% de ses richesses…

 

Quelques brefs, la population de la terre à doublé en 40 ans, 40% des terres agricoles sont dégradés, depuis 20 ans, 70% des forêts ont été détruites, les déchets polluent l’eau des océans, les substances chimiques toxiquent les organismes et empoisonnent l’homme. Depuis 1980 nous sommes en situation de dette et détruisons le capital nourricier de la terre.  Si tous le monde vivait comme un américain, il faudrait 5 terres… comme un européen cela nécessiterait 3 terres… 1/5 des habitants dispose et malpose de 4/5 des richesses. Stop. Le temps de l’abondance est révolu. Le manque proche par excès.

 

Fort de 40 ans d’expériences, la solution de pierre rabhi c’est l’agro écologie et un ensemble de mesure pour réduire notre impact sur l’environnement et l’équilibrer (http://www.dailymotion.com/laevey)

 

Observer le déroulement naturel des processus, permet de se rendre compte que universellement dans la nature, il n’y a pas de déchets, pas de poubelles, pas d’endroit en dehors et séparé. C’est alors la métaphore du compost, tout y est recyclé ; même la mort.

 

La fragmentation, le sentiment de division, d’être coupé est largement utilisée par nos poubelles. Le déchet n’a pas vocation à revenir à l’homme, il croit s’en séparer, en le mettant… à la poubelle !  

Ce sentiment de séparation va à l’encontre d’un de ses besoins primaires fondamental, celui de reliance, de dépendance et plus largement un besoin de sécurité.

 

En effet, l’état d’homme est un état de dépendance à son environnement, intrinsèquement lié au fait qu’il le nourrit.  Nous sommes donc reliés, ou encore interdépendants.  Voilà pourquoi nous pouvons dire que toutes toxicités pour un organisme est toxique en retour pour l’homme. De façon triviale, si un produit de désherbant tue des insectes, en retour il finira par tuer l’homme.

 

La division… pour mieux régner ? Exacerbe la peur… en mettant à mal notre nature interdépendante.

 

Ce sont alors nos préjugés qui peuvent être interrogés. Une projection de nos propres pensées ; petite histoire :

Un homme voyage au milieu de la nuit. Sa voiture tombe en panne. Le radiateur manque d’eau. Il est inquiet mais voit une trace lumineuse dans le lointain. Il prend un bidon et part en se disant : ils ne vont jamais me donner de l’eau à cette heure là !, ils vont avoir peur, il est trop tard… et quand il arrive devant l’habitation, à la porte l’hôte lui demande -  qu’est-ce que vous voulez ?  et notre homme répond de dépit – oh ! vous pouvez vous la garder votre eau !

 

Le regard que l’on porte sur les choses a un pouvoir de désenchantement ou par renversement, d’enchantement.

 

C’est alors le temps pour notre séminaire de passer à l’étape suivante : du fait de nos croyances, nos préjugés, nos peurs nous avons construits une réalité qui met à mal et détruit la demeure planète dans laquelle nous vivons. Les peuples amérindiens nous apprennent que dans leur système de rapport au monde, le rêve est le prémice de l’action. Nous retrouvons ces croyances chez les indiens avec le yoga nidra, et même en occident avec le rêve éveillé en psychothérapie. Le rêve, l’image est moteur de l’action.

 

La question peut-être alors : quel rêve nouveau nous pourrions encore avoir pour notre harmonie avec le milieu Terre ?

 

Dans une forêt, le feu. Tous les animaux ont peurs. le colobri lui prend une goutte d’eau et va la déposer dans le feu. Puis une autre, et la dépose de nouveau. une vieux singe le regarde et lui dit :- tu crois pas quand même que tu vas éteindre le feu ? ! le colibri lui répond : - non !, mais je fais ma part.

 

Ou encore une autre anecdote racontée par ces dévoués organisateurs : une fourmi ne peut pas porter un éléphant ! mais toutes les fourmis ensembles, elles le peuvent !! encore faut-il qu’elles s’organisent…

 

Agir, c’est alors trouver une posture. Celle qui nous correspond. A notre place. Là où nous sommes, avec ce qui est. perso dans un prochain article à définir...

Et vous c'est quoi votre posture écologique? :)

 

Par laetitia - Publié dans : jardin
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