Dimanche 20 avril 2008 7 20 /04 /Avr /2008 16:23

 

L’exemple de la thérapie cognitive par la pleine conscience - MBCT

 

 

 

Les psychologues cognitifs dans les années 70 et surtout aux Etats Unis, commencèrent à se demander quel était l’outillage mental que la méditation utilise pour faire accéder tout méditant – expert ou novice – à des états modifiés de conscience ? 

 

Les chercheurs envisagèrent de « découper » la méditation en sous-catégories afin d’isoler les ingrédients mentaux qui composent l’expérience de méditation.

 

En effet, méditer, c’est plus que se relaxer !

 

Ces médecins chercheurs américains ont vu dans la méditation un puissant outil de gestion du stress et de certaines autres pathologies. Ils ont ainsi crééau fil des années, des cliniques et services spécialisés - institut du stress de l’université de Roosevelt à Chicago, clinique de réduction  du stress au Massachusetts avec le Dr Kabat Zin, université de Louvain en Belgique avec le Prof. Philippot et le service consultations psychologiques spécialisées troubles émotionnels, en suisse le Prof. Zindel Segal et Ph.D., le Dr Lucio Bizzini de l’association suisse de psychothérapie cognitive, en France c'est encore timide mais encouragé par le psychiatre christophe andré à St anne ou le Dr rosenfeld à Lyon.

Ces chercheurs ont mis au point des programmes poussés de recherche et d’enseignement sur les techniques méditatives et leurs bienfaits.

 

Deux des procédés cognitifs isolés ont été la concentration et la pleine conscience (mindfulness). Etre en pleine conscience, c’est adopter une posture mentale où la conscience regarde ce qui se déroule dans le corps et dans le mental, sans jugements. La pleine conscience cherche à affiner l’attention et la vigilance nécessaires au déconditionnement de nos habitudes mentales. Tout un programme !

 

Ainsi sont nées deux méthodes thérapeutiques qui rencontrent depuis 20 ans un succès croissant et qui développent l’habileté de pleine conscience et apprennent à méditer ;

 

La MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) ou méthode de réduction du stress de Kabat Zin, et MBCT (Mindfulness Based Cognitive Therapy) ou méthode de prévention des rechutes dépressives. Les protocoles sont sur 2 mois. Maintes études ont attesté de leur efficacité. Il s’agit par la méditation, d’apprendre à débrancher le « pilote automatique » de nos pensées d’habitudes, afin de devenir plus présent à son corps et à son environnement.

 

Cela nécessite d’apprendre à aiguiser cette faculté de contempler attentivement le présent avec la pleine conscience.

 

Le Dr Rosenfeld[1] de Lyon, diplômé en neurosciences et cognitives, rappelle dans son livre que le corps est partenaire de cet entraînement à la méditation en pleine conscience, par :

 

  1. un travail sur le souffle
  2. une attention à l’environnement sensoriel
  3. un balayage corporel ou body scan des sensations physiques
  4. des exercices invitant à décomposer à l’extrême les actes de la vie quotidienne : marcher, se laver les dents, manger
  5. observation en pleine conscience de ses émotions
  6. exercices à pratiquer chez soi
  7. observation des pensées associées

 

Les études nombreuses ont montré tout le bénéfice de ces programmes vis-à-vis de patients souffrant de douleurs physiques persistantes, de maladies de peau, de troubles de l’anxiété, d’hypertension, de troubles digestifs, de céphalée, de greffes chirurgicales, de dépression…

 

Aujourd’hui Kabat-Zinn qui est professeur de médecine à l’université où il enseigne la méditation en pleine conscienceMBSR, participe au programme de rapprochement entre scientifiques et méditants confirmés bouddhistes dans le laboratoire du Mind Life institut http://www.mindandlife.org/ sous l’égide du Dalai lama.

 

Au milieu des années 1990, le principe de la pleine conscience est adopté afin d’aider à prévenir les rechutes de patients dépressifs (MBCT). Cette technique cognitive de groupe se nomme la MBCT (mindfulness based cognitive therapy)

.

Après un épisode dépressif, le risque de récidive ultérieur est de 50 % et le risque augmente davantage avec le nombre d’accès, après deux dépressions, il monte à 70 % ! En présence d’une tristesse passagère, un ancien déprimé va raviver plus facilement ses schémas de pensées négatives ou ruminations qu’une autre personne. La MBCT diminue de moitié les risques de rechutes. Comme dans la gestion du stress par la méditation, c’est l’attitude d’ouverture à ce qui est présent dans le corps, qui prime avec les déprimés.

 

La concentration dans le moment présent et sur le corps permet de développer des habiletés de reconnaissance des tensions/émotions qui se logent dans certaines parties, et plus en amont de reconnaître l’existence de pensées qui favorisent une crispation ou une tristesse.

Tout sujet peut alors décider d’orienter ses pensées vers d’autres objets que ceux passablement inadaptés, pour l’aider à faire face à la situation présente.

 

La thérapie cognitive MBCT s’appuie sur le postulat suivant :

Nous ne sommes pas limités à nos pensées et nos pensées sont des créations de l’esprit, renforcées par l’expérience. 8 semaines permettent donc d’observer ces schémas et d’entraîner à une attitude d’écoute du corps et des pensées par la pratique de la méditation en pleine conscience (entraînement à la maison avec exercices guidés).

 

Pour aller plus loin :

http://www.ecsa.ucl.ac.be/mindfulness/Contents.htm, site francophone de la thérapie par la pleine conscience

Où tu vas, tu es, Jon Kabat-Zinn, éd. J’ai Lu, 2005

La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression, Z. Segal, J.M.G. Williams, J. Teasdale, éd. de Boeck, 2006

L’infini pouvoir de guérison de l’esprit, Tülkou Thöndoup, éd Le Courrier du Livre, 2001

Par laetitia - Publié dans : santé
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